* El Hadj Omar Foutiyou Tall *

 

 

Et la propagation de la Tidjaniya





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Lors de ses déplacements en quête de la science qu’il compléta précocement, il rencontra celui qui allait l’initier à la première et seule voie spirituelle à laquelle il s’attacha jusqu’à son décès, cette noble Tariqa Ahmediya Mohammediya Ibrahimiyya Hanifiya Tidjaniya. Ce fut en la personne du grand Sidi Abdelkarim ibn Ahmed Naqil (qu’Allah l’agrée), peul originaire des environs de Timbo. Il fut lui-même initié par le grand Connaissant Cheikh Maouloud Fall (qu’Allah l’agrée) qui fut l’un des dix Mouqadem désigné par le savant Imam et compagnon de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), Sidi Mohamed el Hafidh Chinguitti (qu’Allah l’agrée). Ainsi, les premières chaînes d’affiliations le liaient à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) par l’intermédiaire de trois personnes au minimum. Sidi Abdelkarim (qu’Allah l’agrée) ne l’a autorisé au début que pour les oraisons essentielles pendant un an plus un mois, puis il reçut d’autres secrets de sa part. Il éprouvait envers son jeune disciple un grand amour et il prenait soin de son initiation. Ils décidèrent d’accomplir ensemble leur pèlerinage à la Mecque alors que Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) fut âgé approximativement d’une trentaine d’années.

 

Voici ce qu’il a lui-même relaté dans son fameux « Rimah » : « Le désir d’accomplir le pèlerinage à la Maison Sacrée d’Allah me fut octroyé dans mon coeur et celui de Sidi Abdelkarim, ainsi que la visite de la meilleure créature notre Prophète Mohammed (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), la visite de ses frères parmi les nobles prophètes (sur eux la paix), ainsi que la visite de ses nobles compagnons les éternels choisis, sur lui les meilleures prières et les plus pures salutations de la part d’Allah le Très-Haut. Nous sommes ainsi partis de notre pays en direction du Maghreb à la recherche de provision, mais il fut touché par la maladie. Il dut retourner dans notre contrée où il m’attendit le temps qu’Allah lui a décrété et après cela il voyagea jusqu'aux terres de Macina dans l’intention de m’y attendre. Par la suite, Allah me ramena sain et sauf et je me mis à rechercher ses traces afin de le rejoindre, mais Allah ne décréta pas nos retrouvailles. Par contre, une personne me rejoignit en terre Macina avec un message de sa part et il m’a dit : « Cheikh Abdelkarim m’a dit : « Dis à Cheikh ‘Omar ibn Sa’id que je le salue et dis lui qu’il n’y a pas un jour qui a passé depuis qu’on a été séparé sans que mon amour pour lui n’augmente dans mon coeur. » » Son Cheikh était mort.

C’est ainsi qu’il continua sans lui la poursuite de son objectif, il fut accompagné durant son voyage de son demi-frère ‘Aliyou et de son épouse ‘Aïcha. Il désirait fortement emprunter la route passant par Fès afin de visiter son maître le Pôle Caché (qu’Allah sanctifie son précieux secret), et de rencontrer ses compagnons, ainsi que ses enfants (qu’Allah les agrée), mais tel ne fut pas le décret Divin. Il existe des divergences sur la date de son aller, on le situe vers 1826 et son voyage de Halwar à La Mecque dura neuf mois. À cette date Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) était décédé depuis environ onze années et il avait envoyé l’un de ses compagnons particuliers, détenteur de la Grande Ouverture aux lieux saints pour y résider et transmettre la noble voie à ceux à qui Allah l’avait prédestinée. Or parmi ces heureux élus figurait notre personnage qui allait faire, à travers lui, la rencontre la plus marquante et la plus cruciale de son existence.

 

 

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Sa Rencontre avec Sidi Mohammed El Ghali

 

 

Là encore, laissons notre noble personnage le raconter tel qu’il l’a fait dans son « Rimah » : « En atteignant une certaine contrée, j’entendis parler de la présence de Sidi Mohammed El Ghali (qu’Allah l’agrée) séjournant à la Noble Mecque et je fus pris d’une extrême joie pour cela. J’implorai Allah le Très-Haut pour qu’il me permette de le rencontrer et certes Allah exauça ma demande par Sa pure Faveur. C’est ainsi qu’il m’a réuni à lui à la majestueuse Mecque après la prière du ‘Asar (celle de l’après-midi) devant la Station d’Ibrahim. Nous avons fait connaissance, il fut énormément réjoui de ma rencontre et il m’honora en raison de ce qu’il décela sur moi comme véracité. Il me remit le Djawahirou-l-Ma’ani que je possède aujourd’hui, afin que je le consulte. Je demeurai auprès de lui jusqu’à ce que l’on clôture les oeuvres du pèlerinage. Après avoir complété cette dévotion, je suis parti avec lui jusqu’à Médine la Lumineuse, que les meilleures prières et les plus pures salutations soient sur ce noble habitant et nous y sommes rentrés le premier jour du mois de Mouharam. Je restais auprès de lui cette année à Médine la Lumineuse (que les meilleures prières et les plus pures salutations soient sur ce noble habitant) mettant à sa disposition ma personne et mes biens, m’attachant entièrement à lui et je suis resté ainsi à son service pendant environ trois années. J’ai renouvelé mon affiliation auprès de lui et il m’a transmis les oraisons essentielles. Il me rectifia dans le cheminement des gens de la voie et il ne cessa de me procurer les Adhkars et de me confier des secrets et j’ai tiré de lui les lumières en concordance avec les domaines de la Loi et des Réalités spirituelles.

Puis, au neuvième mois de la 1ère année qui est le mois d’Allah le Ramadan, je lui ai dit alors que nous étions dans la mosquée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), après le Maghreb dans l’emplacement du noble Raouda, entre la chaire du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et son noble Mihrab : « Atteste pour moi que je t’ai vu. » Notre Cheikh répondit : « J’atteste pour toi que tu m’as vu. » Ensuite, il m’a évoqué qu’il avait dit à Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), notre Cheikh et notre lien avec notre Seigneur, le Pôle Caché et l’Intermédiaire scellé, le Secours Suprême, le Connaissant Seigneurial, le Chérif Hassanite, Sidi Ahmed Tidjani, qu’Allah nous abreuve de son océan par les plus grands récipients : « Atteste pour moi que je t’ai vu. » et notre Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui a dit : « J’atteste pour toi que tu m’as vu. »

Or, notre Cheikh a rencontré à ses débuts, lors de ses pérégrinations, le Connaissant en Allah, le Chérif Hassanite Moulay Taïeb, le frère du Connaissant en Allah Sidi Chérif Hassani Moulay Touhami originaire de Wazzan et qui était un Pôle. Lorsque Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) le rencontra, il lui dit : « J’ai entendu dire que tu as été honoré d’un immense don. » Moulay Taïeb (qu’Allah l’agrée) lui demanda : « Et quel est-il ? » Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) répondit : « C’est que celui qui te voit, il entrera au Paradis. » Il confirma : « Oui en effet, à part que ce don ne revient pas à moi » ; alors Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui demanda : « A qui est-il ? » Il lui répondit : « C’est celui de Cheikh Tha’labi, car celui qui le voit et celui qui voit celui qui l’a vu et celui qui a vu celui qui a vu celui qui l’a vu et cela jusqu’à la 7ème ou 8ème ou 12ème personne, il entrera au Paradis et moi j’ai vu celui qui a vu celui qui l’a vu. » Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui dit alors : « Atteste pour moi que je t’ai vu. » Et Moulay Taïeb (qu’Allah l’agrée) lui dit : « J’atteste certes que tu m’as vu. » »

Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) ajouta dans son livre : « Et le pauvre en Son Seigneur qui est le Riche, le Grand et le Capable, auteur de ce livre il dit : J’en suis le 6ème par la faveur d’Allah le Très-Haut. » Ce don et prodige de la vision lui fut confirmée à une autre occasion, il a dit : « Un jour lors d’un évènement j’ai vu notre Cheikh Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et il avait entre ses mains une toge de lumière, et il m’a dit : « Celui qui voit cette toge il entrera au Paradis » ensuite il m’en revêtit. »

 

Voici ci-dessous l’extrait du diplôme que lui fit en tout premier lieu Sidi Mohammed El Ghali (qu’Allah l’agrée) et qui est mentionné dans le « Rimah » :

 

« Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah Seul, et que la prière et la paix soient sur celui après qui il n’il y a plus d’autre prophète.

Il dit, le pauvre serviteur en Allah qui a espoir en Sa Clémence et en Sa Générosité, Mohammed Ghali Abou Talib Tidjani El Hassani, qu’Allah agisse envers lui par Son Agrément dans les deux demeures : J’ai certes pris ‘Omar ibn Sa’id ibn ‘Othman originaire de la terre du Fouta, de la région de Toro et de la tribu de Kadoury, comme mon aimé dans les deux demeures et celui qui est ainsi est aimé d’Allah et de Son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans les deux demeures, et je l’ai autorisé dans les oraisons essentielles reconnues de notre Tariqa Tidjaniya Mohammediya Ibrahimiya Hanifiya…

Et je l’ai autorisé dans la Salat Fatihi lima oughliqa avec l’intention de son degré apparent et caché, et je l’ai autorisé dans la récitation de la Fatiha avec tel et telle intention et tout ce qu’elle rassemble, et je l’ai autorisé dans la transmission des oraisons essentielles reconnues, pour tout musulman qui le lui réclame, qu’il soit homme ou femme, jeune ou âgé, en état d’obéissance ou de désobéissance, qu’il soit libre ou esclave, et je l’ai autorisé pour qu’il puisse nommer des Mouqadem de ceux qui le lui réclame, et ce, jusqu’à seize personnes et que chacun d’entre eux puisse nommer jusqu’à quatre personnes avec les conditions connus, et celui qui contreviendrait à nos conditions alors il a perdu son affiliation. Et j’ordonne à chacun des Mouqadem qu’il regarde ses frères avec le regard de l’attention et du respect, et qu’il prenne soin à ne pas bouleverser leurs coeurs, et qu’il s’évertue à assainir et à les aider dans leurs affaires mondaines et celles de l’au-delà, comme la visite aux bien-portants, la prise en compte des malades, la sollicitude envers les faibles, et que tout cela soit accompli dans la recherche de l’Agrément d’Allah et la satisfaction de Son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et je dis : Tout ce que vous avez entendu sur les mérites du Ouird, de la Wadhifa et du Dhikr du vendredi, tout cela provient de ce qu’à dicté le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à notre Cheikh et il a évoqué : « Les mérites qui ont été dévoilés en rapport avec ce qui est resté caché sont, en proportion, comparable à une goutte en rapport avec la mer et il ne nous est pas permis de les énoncer… »

 

Au cours de ces trois années, la plus grande faveur et le plus éminent enseignement qu’il reçut de ce maître exceptionnel qu’était Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée) c’est de connaître plus profondément et d’aimer encore plus notre maître parfait, le Pôle Caché, Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). C’est ce trésor-là qui lui permit d’atteindre les rives de la servitude et l’honneur de la grande représentation. Parmi les propos que Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée) lui révéla et lui commenta sur les déclarations tenues par Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), c’est qu’il a dit : « Ma station auprès d’Allah dans l’au-delà est telle que personne d’entre les Aouliya ne peut l’atteindre, et personne ne peut l’approcher que sa valeur soit grande ou petite, et parmi l’ensemble des Aouliya, après l’époque des compagnons jusqu’au jour où on soufflera dans la Trompe, il ne s’en trouve pas un capable d’atteindre notre station… » (Rimah)

Cheikh Omar Foutiyou (qu’Allah l’agrée) devait s’exclamer devant ce prestigieux Khalife de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Sidi je ne cesse de m’étonner sur ce que j’apprends des mérites de ce Cheikh et des mérites de sa voie. » (Rimah)

 

Cet amour particulier qui prit place dans son coeur se propagea très vite en lui et se refléta avec toujours plus d’intensité jusqu’à sa mort. Ainsi par la langue de la servitude et de la reconnaissance a-t-il dit : « Le mérite accordé à ceux qui suivent repose entièrement sur le mérite détenu par celui qui est suivi. » (Rimah)

Il a relaté aussi à ce sujet : « Souvent il m’observait (Sidi Mohammed el Ghali) alors que j’étais assis auprès de lui puis il disait : « J’atteste par Allah que tu aimes Cheikh. » » C’est pour cette raison qu’il m’aimait d’un amour immense au point que fréquemment il restait auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lors de sa visite et prolongeait son assise le temps de la durée permettant la lecture de cinq parties (Hizb du Qoran) ensuite il me disait : « Par Allah, en dehors de qui il n’y a pas d’autre divinité que Lui, sache que je ne prolonge cette assise auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que dans des invocations en ta faveur. » Dès lors, ses grâces et sa proximité avec Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) ne vont cesser de se manifester.

Il a rapporté : « Je ne cessai de rester en compagnie de Sidi Mohammed El Ghali à Médine la Lumineuse, (sur lui les meilleures prières et les plus pures salutations) jusqu’à ce qu’Allah fit intervenir par sa pure faveur notre Cheikh, notre maître et notre lien avec notre Seigneur, Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). » Il dit en effet à Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée) : « J’ai déjà accordé à Cheikh ‘Omar ibn Sa’id tout ce dont il a besoin de cette Tariqa parmi les Adhkar et les secrets, il ne t’incombe donc que de les lui transmettre. » Aussi, il se conforma à l’ordre du Cheikh et après avoir prié le ‘Icha (prière du soir) dans la Mosquée prophétique, il me prit par la main et me positionna face au Prophète (sur lui les meilleures prières et les plus pures salutations) en direction de son noble tombeau. Il me remit ce que le Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui demanda de me transmettre entre les mains de ce généreux Prophète (sur lui les meilleures prières et les plus pures salutations) afin qu’il soit témoin pour lui qu’il a bel et bien transmis et parfait ce qu’avait ordonné son enfant qui n’est autre que notre Cheikh Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Que lui soient octroyées, de notre part, les meilleures choses qu’un Cheikh peut recevoir de son disciple, et c’est pour cela que je puis dire que je l’ai pris de Cheikh Tidjani lui-même (qu’Allah sanctifie son précieux secret). »

De cet instant il le désigna Khalife de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) pour le Soudan occidental et ce titre octroyé à une telle époque, bien contrairement à la notre, et émanant d’un personnage aussi prestigieux, considéré comme l’un des quatre piliers de la Tariqa au Maroc, n’est pas du tout anodin. Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée) alors qu’il se trouvait avec Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) dans la noble mosquée prophétique à l’heure du Douha lui dit alors : « Nous avons désigné des gens comme Mouqadem pour transmettre le noble Ouird mais quant à toi nous te désignons en tant que Khalife d’entre les Khoulafa du Cheikh et non comme simple Mouqadem. » Ce terme de Khalife désigne toutes les personnes ayant atteint la faculté spirituelle leur permettant de faire accéder leurs disciples là où Seïdina Ahmed Tidjani (qu'Allah sanctifie son précieux secret) a fait accéder ses compagnons. Ils sont les serviteurs de la station de Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et ils possèdent un grade spirituel particulier et élevé.

En effet, conformément au dire du Pôle Sidi Hajj ‘Ali Tamacini (qu’Allah l’agrée), ce titre ne peut être accordé en vérité qu’au détenteur de la Grande Ouverture et ce n’est pas tout détenteur de cette Ouverture qui fut pourtant désigné à cette fonction. Ici se démontre la sentence qui dit : « Ce n’est pas tous ceux qui courent après une gazelle qui peuvent l’attraper, mais celui qui l’aurait attrapé a sûrement dû courir après elle. » Par conséquent, il faut mesurer l’ampleur d’une telle responsabilité confiée à ce digne maître et fidèle disciple du Pôle Caché, Sidi Hajj ‘Omar Foutiyou (qu’Allah l’agrée) qui a retranscrit dans son « Rimah » : « Lorsque le moment du sevrage arriva et que pris fin ce qui a été décrété par le Bienveillant Savant, il me désigna khalife d’entre les khoulafa du Cheikh… ».

 

 

L’après nomination et le retour

 

 

Après avoir quitté son noble maître, El Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée) se dirigea vers l’Egypte où il séjournait auprès de Sidi Mohamed Maghrebi. Il rencontra les savants de l’éminente Université Islamique d’Al Azhar au Caire, qui lui posèrent des questions et qui furent étonnés de l’étendue de ses sciences. Durant son voyage naval allait survenir ce genre d’évènements qui jalonneraient sa vie et qui confirme sa proximité et son lien particulier avec Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il a rapporté dans le « Rimah » : « Nous étions dans un bateau reliant Jeddah à l’Egypte, et le vent se mit à souffler violemment, le bateau a failli chavirer et tous ceux qui étaient à son bord étaient certains du malheur qui allait les frapper. Ma fille Hajja Fatima Madaniya somnola alors, puis elle se réveilla précipitamment et elle me dit : « Reçois la bonne annonce, je viens de voir à l’instant Cheikh Tidjani et Cheikh Mohamed El Ghali et ils m’ont dit : « Annonce ceci à Cheikh ‘Omar et dis lui que nous ne sommes venus sur ce bateau qu’afin de lui faire savoir que nous sommes avec lui, donc il n’a rien à craindre et aucun mal ne les touchera. » Dès lors, le vent se calma et disparut. »

 

Ce long périple jusqu’au retour dans sa terre natale dura environ vingt et un an, années pendant lesquelles il reçut non seulement sa formation spirituelle, où il a aussi accompli plusieurs fois son pèlerinage, il voyagea en Egypte mais également à Jérusalem et au Cham. Il rencontra de nombreuses personnalités et confronta son savoir à d’éminents savants qui s’inclinèrent devant son érudition malgré une certaine condescendance à son égard en certains lieux. En effet par deux fois, à Jérusalem et à La Mecque, il dut affronter le mépris de certains d’entre eux face à sa couleur de peau, ce qui à leurs yeux et selon leurs conceptions erronées, dépréciait la valeur de son savoir. (Souvent certains auteurs veulent situer ces incidents au Caire avec les savants d’Al Azhar alors que cela ne fut point validé par le témoignage de sa descendance tel Cheikh Mountaga Tall –qu’Allah lui fasse miséricorde). Mais Hajj ‘Omar Foutiyou (qu’Allah l’agrée) n’opposait à cette vile attitude que plus de noblesse et de détachement. Sa réponse n’avait que l’objectif de les ramener à l’enseignement de l’Islam pur qui s’affranchit de toutes ces considérations raciales. Il commença par leur rappeler certains versets du Livre d’Allah, il leur dit :

- « Allah ne dit-Il pas : « ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. » (Sourate 49 Les appartements, verset 13)

- Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah vous a abrogé la fierté de l’ère païenne et l’honneur des ancêtres. Il existe désormais deux catégories d’hommes : un croyant pieux et un pervers malheureux. Vous êtes les fils d’Adam et Adam est de terre. » (Rapporté par Abou Daoud et Tirmidhi selon Abou Hourayra - qu’Allah l’agrée.)

- Il a dit aussi : « Ô gens ! Vous avez un seul Dieu et vous venez d’un seul père ! Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non arabe ni entre un blanc et un noir si ce n’est par la piété. » (Rapporté par Ahmed selon Abou Nadhra – qu’Allah l’agrée)

- Ne constatez-vous donc pas qu’Allah - qu’Il soit Glorifié et Exalté - a choisi la couleur noire pour certaines choses qui sont les plus honorables auprès de Lui telles Sa Noble Maison Sacrée, la Pierre Noire, et il a choisi que l’encre noire soit utilisée pour écrire le majestueux Qoran… » Et pendant plus d’une heure, il cita les références du Livre d’Allah, des Hadiths prophétiques et des dires des compagnons (qu’Allah les agrée) sur ce sujet. Ces derniers ne purent que s’incliner devant la justesse de son argumentation, la force de sa détermination et la sagesse de son attitude. Il officia la prière aussi bien au Qods qu’à La Mecque.

 

Après cette longue pérégrination au Moyen-Orient, il prit le chemin du retour vers les terres natales marchant en véritable serviteur du Tout Miséricordieux tel qu’Allah le dit : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre.. » (Sourate 25 Le discernement, verset 63). Partout où il allait passer, il laissera immanquablement une marque indélébile, certains seront submergés par la vénération et la compagnie de ce noble personnage enracinera en eux les semences de la sainteté. D’autres, attachés au pouvoir terrestres, craindront les effets de son aura et la mystérieuse influence de ses propos, ils tenteront même d’éliminer celui qu’ils considéraient comme une menace.

 

Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) n’avait que faire des attaches terrestres et son seul objectif en parcourant la terre d’Allah n’était que d’apporter le bon conseil, d’orienter les serviteurs vers l’authenticité du message Divin, la proclamation de Son Unicité et le noble comportement prophétique. Toutes ces terres qu’il parcourait étaient soit le lieu d’un Islam miné par des guerres fratricides entre ethnies ou par des pouvoirs qui pratiquaient un islam hybride mi-musulman, mi-animiste ; soit c’était le lieu où le paganisme l’emportait et les traces de l’Islam étaient alors entièrement absentes. De plus, toutes ces sociétés étaient régies par la loi des castes où le statut de chacun ne dépendait que de la catégorie sociale à laquelle il appartenait par la naissance. Ce phénomène inégalitaire prédominait tellement dans l’éducation reçue que les principes justes et nobles enseignés par l’Islam n’avaient pas d’écho chez les peuples musulmans et que les mariages n’étaient fondés et validés qu’au sein de ce cadre restreints. Cependant, avec Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) tout ce qui ne prenait pas naissance et ne trouvait pas de légitimité au sein du Livre d’Allah et de la Sunna prophétique devait être corrigé. Cette forme d’usage sociale ressemblait à maints égards à ces discriminations auxquels il fut confronté à Jérusalem et à La Mecque, accordant à une race, une couleur, une tribu, un privilège ou un handicap de naissance.

 

Ainsi, c’est sur la base de la piété qu’il éduquera ses disciples et fondera son instruction, et c’est cette seule base qu’il fit reconnaître et par laquelle il fut certainement reconnu. L’ampleur d’une telle mission dépassait les seules capacités religieuses et compétences personnelles d’une personne, quoique chez Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) cela était dans une mesure exceptionnelle. Bien que cela ne pourrait suffire à combler la dimension d’une telle charge, elle devenait possible par le parrainage d’une force spirituelle supérieure et c’est justement ce qui différenciait Sidi Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée) d’un quelconque réformateur. Il était sous la tutelle du Pôle caché (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et celle du noble Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), c’est ce qui caractérise sa vie, ses rencontres, ses combats et cela jusqu’à son décès.

 

Il nous est impossible de retracer tous les lieux, toutes les rencontres de Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) tant sa vie est riche en évènements, mais voici un léger aperçu de son parcours.

 

De retour du Moyen-Orient Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée) raconta les évènements suivants : « Lorsque nous sommes rentrés des lieux Saints et que nous avons atteints les terres du Bornou, il est survenu entre moi et son Sultan un grand désaccord et il complota traîtreusement mon assassinat. Il envoya quelques-uns de ses jeunes serviteurs la nuit, dans mes appartements, pour m’assassiner. Ils se sont faufilés jusqu’à atteindre la maison où je demeurais ainsi que ma famille et qui possédait une clôture. Lorsqu’ils levaient la tête en direction du ciel, ils apercevaient une clôture et lorsqu’ils abaissaient la tête vers la terre ils ne voyaient aucune clôture, ils agirent ainsi durant quatre nuits. Lorsque l’affaire les découragea, ils dirent : « Nous ne trouvons aucune possibilité pour accomplir ce que tu nous as ordonné en pleine nuit. » Il leur dit : « Alors faites-le en pleine journée et ramenez-le moi auprès de ma cour. » Or cette fois-ci, ils trouvèrent des hommes parmi les gens du monde des mystères qui nous entouraient et qui avaient dégainé leurs épées. Lorsqu’ils aperçurent cette scène, ils se retirèrent jusqu’au Sultan et lui racontèrent ce qu’ils avaient vu encore une fois à plusieurs reprises.

Au même moment l’un des membres de sa famille alla sur sa couche la nuit pour dormir lorsque subitement Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui apparut à l’état de veille et non en songe, et lui dit : « Qu’avez-vous donc contre Cheikh ‘Omar ? Ne laisserez-vous donc pas en paix un serviteur d’Allah sur la terre d’Allah ! » Et il répéta cette phrase 3 fois. Ensuite, il disparut et notre personnage voulut alors s’allonger de nouveau, mais soudainement Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui réapparut encore une fois à l’état de veille. Il lui dit de nouveau : « Qu’avez-vous donc contre Cheikh ‘Omar ? Ne laisserez-vous donc pas en paix un serviteur d’Allah sur la terre d’Allah ! » Et il le répéta trois fois puis il ajouta : « Dis leur : « Que leurs biens et leurs enfants ne t’émerveillent point. Allah ne veut par là que les châtier dans la vie présente, et que les voir rendre péniblement l’âme en état de mécréance.» (Sourate le repentir 9, verset 55), « Dis leur : « Et s’ils avaient voulu partir, ils lui auraient fait des préparatifs. Mais leur départ répugna à Allah ; Il les a rendus paresseux. Et il leur fut dit : « Restez avec ceux qui restent. » (Sourate le repentir 9, verset 46) « Dis leur : « Attendez ! Nos écrits vont surgir de toute part sur vous. » Après cela Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) disparut. Puis je me suis préparé à voyager et le Sultan contraint et forcé me fit des dons immenses. En effet, pendant quatre années ils furent frappés de sécheresse et n’eurent même pas une goutte d’eau qui tomba du ciel jusqu’au point où ils en sont arrivés à manger des cadavres, des feuilles d’arbres, des ânes, des chevaux et des hommes, puis ils se sont repentis et la pluie tomba. »

Ensuite Sidi Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée) s’installa dans l’Empire musulman de Sokoto dans le Nord du Nigeria où il mit fin à une longue guerre entre les peuples du Bornou et les Haoussa. Ce noble négociateur charma les deux parties adverses par 198 vers d’une ode appelée « Tadhkirat el Ghafilin […] » qu’il composa entièrement en marchant. Il a d’ailleurs dit à ce sujet : « Je n’ai écris aucun de ces vers assis, mais je l’ai composé dans son ensemble en marchant. Je n’ai consulté aucun livre pour le rédiger et par Allah je ne cesse de m’étonner de cette oeuvre qui n’existe que par la grâce du Généreux. » C’est aussi durant cette période qu’il perdit son frère et compagnon de voyage, Sidi ‘Ali ibn Sa’id (qu’Allah l’agrée).

 

Il fit la rencontre du Sultan de l’Empire musulman de Sokoto, le pieu savant Mohamed Bello qui l’invita à séjourner auprès de lui. Celui-ci lui demanda le livre « Djawahirou-l-Khams » et l’autorisation pour l’oraison du Hizbou-l-Bahr or Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) lui dit qu’il n’avait pas ce livre sur lui, ni l’autorisation pour octroyer Hizbou-l-Bahr aux autres, n’ayant été autorisé que pour lui-même par Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée). Aussi il envoya un message à son frère Al fahim Ahmed afin que celui-ci aille demander l’autorisation pour cela à ceux qui la détiennent et pour lui rapporter aussi le livre en question. En effet, Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) devait rester en la présence du Sultan, car ce dernier ne pouvait se passer de sa compagnie et de son éducation.

Par conséquent, son frère Alfahim Ahmed se rendit auprès de Sidi Mohamed El Hafidh El ‘Alawi Chinguitti (qu’Allah l’agrée) et il lui sollicita cette autorisation. Ce dernier lui dit : « Sache que Sidi Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) m’a autorisé à nommer dix Mouqadem, or à ce jour j’en ai nommé neuf et toi tu seras le dixième. » Ensuite, il se rendit auprès de son frère Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) en pays Haoussa ayant accompli son devoir. Ainsi, ce fut Alfa Ahmed qui autorisa le Sultan Mohamed Bello pour le Hizbou-l-Bahr et qui lui remit également le livre susmentionné. Il est à noter que Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih (qu’Allah l’agrée) dit dans le Boughiya qu’en vérité Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) avait une autorisation intégrale, mais par bienséance envers son maître Sidi Mohamed El Ghali (qu’Allah l’agrée) il n’a pas voulu outrepasser ce qui était mentionné dans sa première autorisation, car en dernier lieu celui-ci lui avait bel et bien autorisé dans l’intégralité.

Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) resta sept années à la cour du Sultan Mohamed Bello à qui il transmit la Tariqa Tidjaniya et lui a fourni instruction, conseils et éducation. Celui-ci fut plusieurs fois témoins de la particularité spirituelle du Cheikh et de son attachement à Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et lui-même s’attacha avec vigueur à lui. Il lui octroya aussi la main de sa fille Hafsa.

Il est rapporté dans le « Rimah » : « L’Imam juste et le Wali méritant Mohamed Bello fils du connaissant en Allah ‘Othman ibn Fouadiou m’a informé qu’il a voulu consulter Allah le Très-Haut et voir ce qu’il adviendra de ma situation et il a entendu une personne dire lors d’un événement : « Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) te dit : « Sache que la situation de ‘Omar Ibn Sa’id est entre mes mains et je la gère pour lui à ma guise et je n’en suis pas inattentif » ou comme il l’a dit.

Il est rapporté aussi une autre vision du Sultan qu’il eût la nuit du samedi 14 Rabi’ El Awwal 1251 : « J’ai vu que le Pôle Caché et Barzakh scellé, Cheikh Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) est venu dans notre région et les gens se sont empressé vers lui. Lorsque je suis parvenu vers lui, j’ai vu auprès de lui le gagnant Sidi ‘Omar ibn Sa’id qui lui servait de guide et il lui dit : « Les gens de cette contrée ne tirent pas profit d’une science sans qu’il ne l’enseigne. » et « le guide » est le symbole de la Khilafa. Ensuite Mohamed Bello dit à Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) : « Sache que je suis de ceux qui t’aiment et que je t’aime pour Allah, non pour une cause particulière ni pour un objectif convoité, mais c’est ce qu’Allah a déposé en moi, louange à Allah. » Parmi ce qui a encore été rapporté concernant le Sultan Mohamed Bello et Cheikh ‘Omar Foutiyou (qu’Allah l’agrée) dans le « Rimah », il y a les récits suivants : « Nous avons séjourné sur une terre où la maladie ne nous laissa pas un instant jusqu’à ce que l’imam juste, le savant oeuvrant, le prince des croyants, Mohamed Bello ibn ‘Othman ibn Fouadi, tomba malade à son tour. Or un frère vit au cours d’un songe qu’un homme vint à lui sur son cheval et il lui demanda : « Ou est ‘Omar ibn Sa’id ? » Le frère en question lui dit : « Et que veux-tu de lui ? » Il répondit : « Son Cheikh Ahmed Tidjani m’a envoyé à lui et il m’a dit : « Dis-lui : Que fait-il sur cette terre malsaine !? » »

L’autre récit est le suivant : « La fille de l’émir des croyants Mohamed Bello a vu Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) au mois de Ramadan et il lui envoya un chameau et lui ordonna de le rejoindre avec ce chameau-là. Elle m’informa de cela, or elle mourut le mois de Dhoul Qa’da de la même année. Lorsqu’elle fut à l’agonie elle dit : « Voici Sidi Cheikh Tidjani qui est venu pour que je parte avec lui ! » Elle mourut au cours de cette nuit-là. Lorsqu’elle mourut, la mère de Mohamed Makki l’a vu au cours de cette même nuit, elle est venue dans sa demeure et elle s’est assise sur ma couche, où il est de leur habitude aux femmes de mettre deux couches dans une pièce, une couche pour l’époux et un autre pour l’épouse. Lorsqu’elle s’assit sur ma couche elle dit : « Où est donc Cheikh ? » en parlant de moi, et la mère de Mohamed Makki lui dit : « Il est parti » Elle lui dit : « Dis lui alors : Qu’Allah te récompense de ma part en bien, et dis-lui que je le remercie, car j’ai certes été réunie avec Cheikh Sidi Ahmed Tidjani. » Qu’Allah nous fasse miséricorde ainsi qu’à elle et à l’ensemble des proches et des aimés. »

 

Après le décès du Sultan Mohamed Bello, il reprit la route avec son frère Ahmed ibn Sa’id, sa famille et un nombre toujours de plus en plus important de disciples. Loin de la ferveur et de l’enthousiasme de son défunt ami Mohamed Bello, Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) rencontra au Macina ainsi que dans le royaume Bambara du Ségou une certaine hostilité. En effet, la jalousie de sa renommée grandissante poussait ses rivaux à vouloir le faire disparaître, mais à chaque tentative ils s’apercevaient qu’il était intouchable en raison de la préservation Divine que lui procurait l’attention particulière de son maître le Pôle Caché Sidi Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret).

Au cours de son voyage, il arriva sur les terres d’un roi idolâtre qui avait reçu la recommandation de se débarrasser de lui. Ce dernier le fit donc emprisonner pendant quarante jours sans lui fournir ni eau ni nourriture. Néanmoins, la soeur du roi fut conquise par l’aura du mystérieux personnage et elle réussit à convaincre son frère de le libérer. Bien qu’il pensait que son prisonnier devait être décédé, considérant les conditions de sa détention, ils ouvrirent sa prison et le trouvèrent entouré de victuailles de toutes sortes. Le Roi se repentit entre ses mains et l’honora en lui offrant de l’or et des cadeaux. C’est ce qu’il a raconté dans le Rimah : « Lorsque nous sommes arrivés sur les terres de Ségou, certaines personnes malfaisantes se sont engagées à détériorer la relation entre moi et son Sultan, tous ceux qui étaient en notre compagnie furent assaillis de craintes et les habitants de cette contrée étaient persuadés de notre faillite. Il arriva alors qu’un des frères a vu un homme à la belle apparence qui lui a dit : « Cheikh m’a envoyé à son disciple ‘Omar et il m’a dit : « Dis- lui que je suis avec lui qu’il n’ait donc aucune crainte de quelques maux que ce soit, certes sa Tariqa est la voie de la préservation à l’état pur, rien ne t’atteindra. » » Ainsi sous le couvert de cette préservation Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) continua à sillonner la terre, prêchant à l’authenticité de l’Islam et à l’exceptionnalité de cette noble voie Ahmediya Mohammediya Ibrahimiya Hanifiya.

 

Le rang de ses adeptes ne cessait de grossir et les lettrés venaient de toutes parts pour rencontrer celui dont la réputation de science et de sainteté se propageait aussi vite que le vent. Après avoir séjourné et prêché deux années consécutives à Kankan, il continua sa route et s’installa dans le Fouta-Djalon plus précisément à Djekunko où en plus du prêche, il s’occupait de l’éducation de la multitude de personnes venues s’abreuver au puits de son savoir. C’est également dans ce lieu qu’il résidera quatre années et où il clôtura son célèbre livre « Rimah ». Puis il continuera sa route jusqu’au Fouta-Toro, il séjournera dans certains villages et partout où il passa les gens affluaient pour s’affilier à lui et tirer de sa bénédiction fulgurante. Enfin, il installa son assise dans la ville Dinguiraye, terre animiste sous la tutelle du roi Yimba, où il fit construire sa première Zaouiya, lieu d’adoration et d’éducation.

Plusieurs années s’écoulèrent pendant ce périple où des milliers de personnes s’affilièrent à travers lui, des paysans, des notables, des Emirs, des savants ; et d’origines multiples, des Peuls, des Toucouleurs, des Haoussas, des Bambaras, des Arabes… et tous étaient prêts pour s’engager corps et âme à combattre pour que la parole d’Allah soit la plus élevée et que l’ensemble des terres païennes soit assaini par la vérité de l’Islam. Cela ne tarda pas, car les empires animistes projetaient déjà de mettre un terme à l’engouement que suscitait Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée), engouement qui touchait même des membres proches de leur autorité et qui, de ce fait, ébranlait leur mainmise et leur domination.

 

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