* El Hadj Oumar Saïdou Tall *

 

 

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De tous les noms de personnages célèbres d’Afrique Subsaharienne il est celui qui laissa la plus vive impression à tel point que certains n’ont retenu et isolé qu’une parcelle de sa noble personnalité. Cependant quelle que soit la parcelle à laquelle on s’attache on se mesure vite à la grandeur et à l’ampleur de son engagement. D’aucun l’ont décrit comme un guerrier assoiffé de conquête et fondateur d’un empire, d’autres comme un savant érudit et enseignant, tandis que certains l’ont dépeint comme un mystique et un saint aux multiples prodiges.

Ce qui est indéniable c’est que ses actes extérieurs éclatants n’étaient pourtant qu’un pâle reflet devant son intériorité, car il était certes un combattant contre les penchants de l’âme souillée, conquérant de sa pureté intérieure et assoiffé de Dieu. En outre, si sa science livresque avait atteint les plus hauts niveaux, elle n’était rien comparée à sa Connaissance infuse et lumineuse. De même, si ses prodiges furent nombreux aucun n’a été plus prodigieux que sa rectitude envers l’exemplarité du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) jusqu’à accéder à sa sainte compagnie. Comment cela aurait-il pu en être autrement sachant ce qu’il reçut des lumières de l’irrigation du Sceau de la Sainteté Mohammadienne, le Pôle Caché Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et que c’est par le biais du grand trésor de son amour qu’il fut propulsé à la Khilafa à l’instar des grands compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah les agrée).

En réalité, sa seule et unique préoccupation était de répondre aux exigences de la servitude, c’est sur quoi et ce par quoi il a agi jusqu’à la fin de sa vie.

 

 

  • Sa Naissance et son Enfance

 

 

Il naquit vraisemblablement, selon une version, aux environs de 1212 H / 1797 ap. JC à Halwar près de Podor (près de la frontière mauritanienne) dans le Fouta Toro (Sénégal). En cette même année, Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) avait environ 62 ans et se trouvait encore à Boussemghoune où il avait déjà eu Sa Grande Ouverture. Le père de Hajj ‘Omar s’appelait Cheikh Sa’idou ibn Ousmane Tall (qu’Allah l’agrée) et sa généalogie remonte à un compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nommé ‘Oqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée). Son père était un érudit de la classe des nobles connu pour sa piété, il avait l’habitude de réciter le Qoran en entier tous les jours en s’occupant de travailler son champ. Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée) fut son quatrième fils. Quant à sa mère qui s’appelait Sokhna Adama Aïssé (qu’Allah l’agrée), le terme Sokhna étant un surnom signifiant « la purifiée », elle fut exceptionnelle en toutes ses qualités et c’était une femme de grande vertu au regard clairvoyant. Son noble fils devait dire plus tard : « J’ai laissé beaucoup d’hommes semblables à mon père dans le Fouta, mais je n’ai pas laissé de femme comparable à ma mère. »

Parmi les nobles vertus rapportées à son sujet, un jour son époux Cheikh Sa’id Tall qui se rendit dans les appartements de sa seconde épouse pour y passer la nuit, lui demanda de lui rapporter un tapis de prière. Cette vertueuse dame se conforma à sa demande, mais trouvant la porte fermée à son arrivée elle n’osa pas le déranger. Cependant, elle ne voulut pas non plus faire demi-tour sans s’être conformée au souhait de son époux et de ce fait, elle resta toute la nuit devant sa porte sous une pluie abondante. Le lendemain à l’aube, lorsque son époux sortit pour la prière du matin, il fut surpris de la trouver à attendre là, toute trempée qu’elle était, et lui demanda ce qui s’était passé. Elle lui expliqua son scrupule à ne pas lui désobéir ce qui le laissa stupéfait et il invoqua le bien pour elle. Dans ses invocations en sa faveur, il a dit : « On demande à Allah – Glorifié et Exalté – qu’il t’accorde un enfant généreux, vertueux, pieux, dépassant ses contemporains dans la science, l’adoration, la crainte d’Allah en secret et en public et qui sera célèbre de partout. » Ensuite il ajouta : « Et certes Allah sait que cela va s’accomplir. » et il le répéta à trois reprises. Il est relaté qu’elle eut dix enfants et à chacune de ces grossesses, elle continuait à se rendre à la mosquée et à jeûner, elle ne ressentait rien de ce que ressentent les femmes lors de ces moments. Pour Cheikh ‘Omar ce fut encore plus particulier, car lorsqu’elle le mit au monde la nuit du mercredi 23 Chawwal avant l’aube, elle n’eut rien des impuretés qui font suite à l’accouchement, ce qui lui permis d’accomplir la prière du Soubh qui suivit ce même jour.

 

 

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Des signes accompagnèrent également la bénédiction de sa naissance (qu’Allah l’agrée) avec notamment un petit cours d’eau appelé Jalalloul que possédaient ses parents et qui était saumâtre. Dès qu’il vit le jour, cette eau devint douce et cela jusqu’à aujourd’hui. De même, durant le mois de Ramadan qui succéda sa naissance, il refusa de prendre le sein de sa mère durant les journées de jeûne, tout comme cela fut le cas pour Cheikh Abdelqader Djilani (qu’Allah l’agrée). Il y avait aussi un Connaissant détenteur du dévoilement parmi les savants de Chinguitti qui a vu au cours de son dévoilement une lumière étincelante provenir des terres du Soudan. Il ne cessait d’hésiter à se rendre à l’endroit d’où il voyait jaillir cette lumière jusqu’à ce que Cheikh ‘Omar vint au monde à Halwar et alors il sut que le détenteur de cette lumière était né. Aussitôt il prit la direction d’où provenait la lumière se guidant par elle jusqu’à ce qu’il parvienne à Halwar et qu’il vit le nourrisson. Il louangea Allah puis étreignit Cheikh ‘Omar contre sa poitrine et l’embrassa puis dit : « La cause pour laquelle je suis venu jusqu’à cet endroit est ce nourrisson dont les lumières ont jailli avant son apparition bénie. » Ensuite il reprit la direction de son pays et il ne revint plus jamais jusqu’à son décès, qu’Allah lui fasse miséricorde. Une fois également Cheikh ‘Omar dût se rendre très tôt dans les champs afin de les surveiller contre le pillage des oiseaux, or il s’endormit et les oiseaux envahirent leurs champs. Son grand frère Alfahim Ahmed survint alors et le réveilla, il s’apprêtait à le corriger, mais le jeune enfant prit la fuite. Son grand frère suivit ses traces jusqu’à ce qu’il arrive devant un fleuve profond appelé Doufou au sud de Halwar, il vit son jeune frère (qu’Allah l’agrée) le traverser en marchant dessus. Son frère aîné resta stupéfait devant ce prodige et il lui ordonna de revenir. Ils retournèrent ensemble dans les champs et c’est alors que Alfahim Ahmed constata que les oiseaux avaient laissé les champs indemnes de tous dégâts.

 

 

 

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Mausolé d'El Hadj Oumar Tall, à Alwar

 

La mère de cheikh ‘Omar était dotée elle aussi d’un regard de clairvoyance et elle avait entrevu chez son fils, El Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée), des signes particuliers que l’on ne trouve chez aucun autre enfant. Elle prenait un soin tout particulier à inculquer les préceptes de l’Islam à ses enfants alliant pédagogie et douceur. Ainsi, c’est au sein d’un environnement attaché au Qoran et à la Sunna que grandit el Hajj ‘Omar (qu’Allah l’agrée), il mémorisa la totalité du Message Divin à l’âge de douze ans tandis qu’à la même époque Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) alors âgé de 74 ans se trouvait dans la cité de la science, Fès, et diffusait ses connaissances particulières en tant que Pôle Caché. Par la suite, Cheikh ‘Omar (qu’Allah l’agrée) s’initia aux diverses sciences telles que le Tawhid, le droit musulman selon le rite malikite avec le Khalil et autres, l’exégèse (Tafsir), le hadith avec les deux SAHIH, la grammaire (Nahou), la métrique avec le ‘Aroud etc. Il rencontra de nombreux érudits et il les étonna par sa capacité de compréhension et de mémorisation.

 

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" La Vie de Cheikh Omar Foutiyou Tall "

 

 

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