* Matam *

 

 

 

" Payer comptant, Matama "  

 

 

 

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 Les bords du Fleuve Sénégal à Matam

 

 

 

Le premier nom de Matam fut Tiaïdé. Boubou Sambou, venu de Gouré Aéré, des environs de Bakel, défricha le site de l’actuel Matam. C’est l’ancêtre des Farba.

A l’époque de la dynastie des Dénianké, c’était un marché d’esclaves. Amenés par les guerriers Peuhl, ils provenaient des razzias. Ils étaient troqués par des roitelets de la région contre du mil et de la verroterie. Les Peuhl en exigèrent le paiement comptant, « matama ». Matama, payer comptant en Pulaar, est l’origine du nom de Matam, repris pendant la période coloniale.

 

 

La tradition orale indique que le village initial aurait été créé vers 1610 par trois familles. Elles l’auraient appelé Sinthiou Djian Haara. La vie sociale s’est organisée autour d’un chef, le Diom (qui signifie chef en Pulaar), qui est le maître des terres (Diom Leydi). Il protège des incursions maures mais aussi lance des razzias, source de ses revenus. Amadi Sambarella BA fut un Diom célèbre pour ses exploits guerriers. Le Diom est entouré de deux collaborateurs : Le Farba, pêcheur et maître des eaux, et le Mawado Falbé, le conseiller. Ces fonctions sont transmises au plus âgé de la famille. Farba et Mawado sont intronisés par le Diom, ce qui donne lieu à de grandes fêtes.

Jusqu’à l’arrivée des européens, les habitants vivaient de pêche, d’agriculture et de troc pour se procurer le sel apporté de Saint-Louis par les traitants Wolof.

Le développement de la ville a bénéficié de nombreux apports de populations. On trouve les Diaw originaires du Nguenar, les Thioub du Djolof, les Sow du Bosséa, les Sarr du Lao, les Gueye du Walo.

 

 

 

La_Ville_en_Terre

La Ville en terre

 

 

Les maisons se construiront autour des habitations attenantes du Diom et du Farba. On peut encore voir dans le quartier des pêcheurs la maison en terre du dernier Diom, Gueladio Bakar BA, devenu chef d’escale. La Bâtisse, de type Malien, a été construite entre 1928 et 1930 par un maçon Soninké du nom de Guidimakh. C’est une maison en terre protégée par un enduit de terre et de bouse. Le bâtiment était flanqué de deux terrasses couvertes, à l’Est et à l’Ouest. Cette dernière a été détruite par les intempéries. Le toit en terrasse est surmonté de trois édicules qui servaient de grenier mais aussi de poste de surveillance de la rive opposée, maure. Bien conservée, elle demande beaucoup d’entretien pour éviter les infiltrations d’eau et les risques d’affaissement.

 

 

 

Maison_de_Gueladio

Maison du dernier Diom

 

 

Matam fut une escale sur la route du fleuve durant la période coloniale. De 1857 à 158, Faidherbe y construisit un fort, aujourd’hui emporté par les eaux. En butte aux projets d’El Hadj Oumar TALL qui envisageait de construire un barrage artificiel pour arrêter les navires, il voulait sécuriser le commerce sur le fleuve et préparer l’expansion vers le Soudan.

 

 

Poste_de_Matam

 

Le Poste de Matam

 

 

En 1861, le poste de Matam dépendait du chef lieu Bakel, mais en 1904 et jusqu’en 1915, une partie du cercle de Bakel, éclaté, devint subdivision du cercle de Matam, avec pour chef lieu Diorbivol.  C’est Coladio Bakar BA qui en devint le premier chef d’escale. Nommé en 1906, formé à l’école des fils de chefs de Saint-Louis, il occupa ce poste jusqu’en 1935. Samba THIOU lui succéda jusqu’en 1951, puis Bokar Coumba SARR jusqu’en 1954. A cette date, Matam devint commune mixte, le commandant de cercle étant le maire.

Il ne subsiste de cette époque que la préfecture et quelques maisons dans l’ancien quartier colonial. On peut voir aussi les restes des factoreries des maisons de commerce installées à Saint-Louis, ayant ouvert des comptoirs à Matam, comme Périssac, Maurel et Prom, Deves et Chaumet, Buhand et Teisseire. Elles commerçaient les tissus, la gomme, l’arachide et le mil.

1954 est aussi l’année de la construction des quais. Le transport sur le fleuve se faisait jusque là sur des pirogues pouvant porter 10 tonnes et plus. Propulsées à voile ou halées à la cordelle, elles servaient souvent à transporter le sel de Gandiol. De gros navires affrétés par les européens transportaient des voyageurs et des marchandises.

Février 2002 voit la création d’une entité nouvelle : la Région de Matam, d’une superficie de 29.616 km², elle est divisée en trois départements, Matam, Kanel et Ranérou-Ferlo. La population fortement rurale est estimée à 423.000 habitants.

 

 

 

Ancienne_photo_de_Matam

 Ancienne photo de Matam

 

 

En bordure du fleuve, Matam a su préserver la culture des Subalbé (les pêcheurs Pulaar) marquée par la pratique du « Pékan ». Il traduit le pouvoir des pêcheurs sur les eaux et les habitants du fleuve. La tradition orale rapporte qu’un griot des pêcheurs du département de Podor, Guelaye Ali Fall, serait venu à Matam où il aurait fait connaître le Pékan. Le Griot qui l’interprète chante les prouesses et le courage des Subalbé dans les combats qu’ils livrent contre les hippopotames et les caïmans qui vivent dans le fleuve. Cela donne lieu à des fêtes, le « Fifiré », au cours des quelles différents villages de Subalbé sont en compétition pour savoir qui sera le premier à tirer le caïman ou l’hippopotame hors de l’eau en prononçant des paroles mystiques. Le dernier Fifiré eut lieu en 1949, à Koundel. Mais les Griots chantent toujours le Pékan à Matam. 

 

 

 

 

Tiré de « Matam, escale au cœur du Fouta »

du Syndicat d’initiative et du tourisme de la région de Matam

syndimatam@yahoo.fr

 

 

D_pliant_du_Syndicat_d_Initiative_de_Matam___Escale_au_Coeur_du_Fouta

 

 

 

Pour recevoir le dépliant touristique "Matam, escale au coeur du Fouta" au format PDF, contactez-moi : dav.dupuy@laposte.net