* Le Voyage de Luc et Véro *

 

Un autre témoignage, cette fois d'un couple de Français, Luc et Véronique, que j'ai pu rencontrer au Fouta dans le village de Dembakané, un village sur les bords du fleuve Sénégal à une treintaine de kilomètres de Bakel. Nous avons passé de courts mais intenses moments de joie tous ensemble au sein de la généreuse famille Dialyba. Un très bon souvenir qui j'espère se renouvellera ...


 

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Adama, Véronique et Luc à Dembakané

 

Dembakané, région de Matam

 

 

Matam, un nom facile à retenir mais difficile à repérer sur la carte. Il faut remonter le fleuve Sénégal, loin à l'est, à la frontière de la Mauritanie. C'est dans le Fouta que l'on trouve Matam. Plus loin sur le fleuve, il y a Dembakané, plus loin encore Bakel...

Le plus proche aéroport, dans un rayon de 800 kilomètres à la ronde, est à Dakar. Ensuite il y a la  route. Plutôt bonne jusqu'à Saint-Louis, beaucoup moins carrossable au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans la brousse. Dembakané, où nous allions, est à 20 heures de bus de Dakar !

 

On ne va pas dans le Fouta par hasard. Les guides ne lui consacrent que quelques pages, évoquant une possible escale, dans un voyage au long court. Si nous y allions, Véronique et moi, c'est parce que, depuis quelques années, nous accompagnons Mamadou, un sans papier qui vient de ce village. Nous étions invités par sa famille, à la recherche aussi d'un ultime document pour faire reconnaître sa nationalité française. Mais c'est une autre histoire.

 

Si l'on ne parle pas de Dembakané dans les guides, ce n'est pas le cas sur le web :-) Il y a le site du village, les photos de l'association Vivre ensemble et... les jolis textes de David. Il sait trouver les mots pour nous faire partager son amour pour ce pays, dans lequel il vit une partie de l'année. David, avec qui nous avons échangé avant notre départ et que nous avons retrouvé sur place, a découvert le Fouta dans le cadre d'une mission humanitaire. Il réside à Gawdé bofé, un village de brousse, proche de Dembakané.

David fait partie des très jolies rencontres que nous avons faites lors de ce voyage.

 

Notre séjour, c'est d'abord la rencontre d'une famille. Les frères et sœurs de Mamadou, leurs épouses, leurs enfants, leurs parents, leurs cousins... La famille africaine est élastique. Il est parfois difficile de se repérer. Les frères n'ont pas toujours la même mère, les parents ne sont pas toujours biologiques, les cousins sont, forcément, innombrables.

En France, Mamadou nous considère comme ses parents et nous appelle, papa Li et maman Véro. C'est en ces termes qu'il nous a recommandés à sa famille et, très vite pour eux aussi, c'est ce que nous sommes devenus. L'affectif a tout envahi, palliant aux difficultés de compréhension.

 

A Dembakané on parle soninké, une langue qui, dit-on, est difficile à apprendre. Les villageois qui ont travaillé en France ou vécu à Dakar parlent aussi le français, parfois très bien. Les autres, comme Fatoumata la femme de notre ami Mamadou, se font comprendre autrement, en laissant percer leurs émotions.

Émotion de « retrouver » Mamadou à travers nous, de rencontrer des blancs qui ont fait un si long voyage pour venir les voir, de découvrir des amis.

 

Bien sûr le Fouta c'est aussi très beau. Il y a la brousse à perte de vue, les vaches aux longues cornes, le fleuve majestueux, les pirogues, les baobabs, les couleurs vibrantes de soleil, les boubous... Il y a tout ça en toile de fond mais, dans mon souvenir, il y a surtout le sourire de Ndella, Djibi, Ma Kanté, Draman, Attia, Adama, Farmata, Youssoufi, Fatoumata, Boubou, Alimatou, Aoudiedji, Hawa, Dindi, Mémouna...

 

Par Luc Blanchard - 2011

 

Pour voir les photos de leur séjour à Dembakané : http://luc.blanchard.free.fr/album/