* Histoire du Fouta Toro *

 

Selon le Petit Futé « Sénégal 2008-2009 »

 

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On considère généralement que les premières dynasties remontent à 850, alors sous la suzeraineté de l’empire du Ghana. Aux alentours de l’an 1000, une dynastie Soninké aurait repris le flambeau, ensuite renversée au XIVème siècle par des Mandingues. En 1559 et jusqu’à 1771, commence l’ère Dénianké, un Peuple qui a régné sans partage sur le Fouta et qui forme aujourd’hui encore un noyau important de la population sur les deux rives du fleuve de Bakel jusqu’à Dagana.

 

C’est Koly Tenguela qui a imposé par la force la dynastie Denianké. Les Griots le considèrent comme un des fils de Soundiata Keïta, illustre fondateur de l’empire du Mali, ce qui paraît impossible, puisque quand Koly Tenguela conquiert le Tékrour en 1535, Soundiata est mort depuis longtemps. En fait, depuis 280 ans ! Koly Tenguela serait plus probablement le fils d’un roi Malinké élevé par Tenguela, un guerrier Peul. Envoyé en mission d’éloignement en raison de sa turbulence avec ordre de conquérir le Tékrour, le jeune Koly s’exécuta avec tant d’ardeur que la vallée du fleuve devint sienne. Les troupes de Diawara tombèrent, elles aussi, et finalement Tenguela domina seul tout le Fouta, installant sur le trône une dynastie Peule dirigée par des leaders nommés Satigui. Ses successeurs ne firent régner que terreur et insécurité. Les Dénianké demeuraient animistes, les Musulmans Torobé (Toucouleurs) étant fort peu considérés par les Peuls et n’ayant aucune part dans l’organisation du pouvoir.

 

Les Torobé s’organisèrent sous la direction d’un grand marabout Souleymane Baal de Bôdé (dans le département de Podor). Ce marabout parcourut le Fouta, prêchant partout la parole Sainte avec succès. Sensible à ses sermons, le peuple le soutint jusqu’à Orkadiéré, la capitale de Satigui Soulé Ndiaye II.

Après avoir prié pour l’anéantissement du royaume païen, le marabout se décida finalement à se présenter devant le Satigui, lui assénant un beau discours sur les vertus de l’Islam et l’incommensurable douceur du Paradis d’AllaH. Le Satigui répondit-il charmé ou sur le ton de la plaisanterie ? Les historiens ne s’accordent toujours pas. Toujours est-il qu’il abonda dans le sens du marabout prétendant vouloir se convertir.

Le marabout aurait alors fustigé là quelques centaines d’épouses du Satigui, objectant que tout bon Musulman ne doit avoir que quatre épouses, et autant d’esclaves qu’il le désire. Rapide mais inconscient, devant toutes ses femmes Koliabé (descendante de Koly Tenguela), le Satigui prétendit  que ses moults femmes étaient des esclaves. Que ne dit-il pas ! irrités, vexés, les guerriers Koliabé auraient pris la mouche, et … le départ. Rendant ainsi vulnérable le Royaume Peul.

Le mot de la fin allait être dit par les Kolyabé et surtout les Toucouleurs de Souleymane Baal : en 1771, Souleymane Baal ayant troqué la parole contre les armes, parvient à la tête de l’élément Musulman, auquel s’étaient joints les Kolyabé mécontents, et met en déroute l’armée du Satigui Soulé Boubou. La fin du règne Dénianké incarne l’avènement des Toucouleurs sur les Peuls, et des Musulmans sur les païens. L’Islam fut proclamé religion d’état et le Fouta devint un « Almamyat », une république élective et théocratique.