Le Royaume du Tekrour puis du Fouta Toro


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Le Royaume du Tekrour aurait été fondé avant le 9ème siècle. Il fut d'abord dirigé par la dynastie des Dia Ogo. A la fin du 10ème siècle, le dernier roi de cette dynastie fut tué par War Diabi, qui prit le pouvoir et donna naissance à une nouvelle dynastie, celle des Manna. War Diabi se convertit à l'Islam et lança la guerre sainte contre ses voisins non-musulmans. Le Tekrour était alors la première région islamisée du Sénégal.

Bien situé sur les routes transsahariennes et grâce au fleuve Sénégal navigable, le Tekrour participait activement au commerce de l'or et des esclaves. Il devint un pays riche et puissant mais tomba sous la domination successive du Ghana (11è siècle), du Mali (13è siècle) puis du Djolof (14è siècle).

  

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Les Royaumes du Sénégal au 18ème siècle

 

A la fin du 15ème siècle, le Tekrour fut conquis par Koli Tenguéla, un chef Peul venu du Sud, qui lui redonna son indépendance et créa un nouveau royaume, le Fouta Toro, et une nouvelle dynastie , les Dénianké. Au 16ème siècle, le Fouta Toro se lança dans des guerres de conquête et agrandit son territoire aux dépens de ses voisins : le Djolof et le Cayor. Par la suite, la dynastie des Dénianké dut faire face à des guerres de succession et à des attaques extérieures. En 1770, les Déniankés furent renversés par une révolte des marabouts musulmans, menés par Thierno Sileymane Baal, qui firent de l'Islam le principe du pouvoir civil. Thierno Sileymane Baal, céda le pouvoir à Almamy Abdoul Kader Kane qui devint le premier Almamy (commandeur des croyants.)

 

Source : Manuel d'Histoire du ministère de l'éducation nationale du Sénégal

 

  • Survol Historique du Fouta

 

Le Foûta, partie intégrante de ce monde en évolution, c'est une suite de siècles vivants de gens et de choses. Nos traditionalistes reconnaissent qu'ont successivement régné sur le Foûta (de 850 à 1559) :

 

 

1. Les Diâ Ogo ou Oukka venus du Nord Syrie (Siré Abbâsse), sont les premiers à introduire la culture du gros mil. Ce sont aussi les ancêtres de nos bijoutiers, selon Abdoullây Kane.

Leur dernier roi est tué par Wâr Diâbi fondateur de la dynastie Manna.

 

 

2. Les Manna seraient originaires de Diâra, des Diakité ayant étendu leur suzeraineté sur le Foûta. Leur roi Wâr Diâbi mort en 1040 est le premier islamisateur du Tékrour.

 

 

3. Les Tondiong (captifs de l'Empire Mandingue?) vers 1300. Des Tondiong sont des Sérèr mélangés aux Diâ Ogo. Avec des Mandingues ils contribuèrent au renversement des Diakité de Diâra au profit des Diâwara. C'est à l'époque des Tondiong que furent introduits les titres d'origine mandingue (Farba) et que fut fondé l'Empire du Diolof.

 

 

4. Les Lâm Termès (invasion). Du Hodh au XVème siècle, arrivent les :

 

            1 - Lâm Termès (1400-1450) avec une troupe composée de: Peuls, Soninké, Mandingues. Ils mirent fin à la domination des Tondiong.

 

            2 - Puis les Lâm Tâga, à la tête de la tribu Peul métissée de Maures. L'un de ces Lâm Tâga, Moûssa Eli Banâ, s'installant à Guédé, dont il fit sa capitale, devint le Lâm Tôro.

 

 

5. Les Déniyankôbé (1559-1776). En 1559, l'unité politique n'était pas réalisée. En effet la rive droite sous la domination des Lâm Termès et des Lâm Tâga et la partie de la rive gauche aux mains des Lâm Tôro, tout le reste du Foûta était sous la domination des Diâwara de Diara, qui, eux-mêmes après avoir échappé à la suzeraineté mandingue, étaient passés dans la mouvance de l'Empire Songây.

Le chef Peul Ténguella, père de Koli, nomadisant au Kingui, est tué en 1512 par Amar Komdiago, frère de l'Askia Mohamed de Gâo. Au Badiâr, les bandes se reforment sous le commandement de Koli, fils de Ténguella, au nord du Foûta Dialon.

De là, conquête du Foûta et l'agrandissement au dépens du Kaniâga et de la partie orientale du Diolof. Au Bambouk, défaite infligée par Mamadou II.

Koli domina le fleuve de Dagana à Bakel.

Déni, d'ou est tiré Dényankobé, est la mare ou auraient campé les troupes de Koli avant d'entreprendre la conquête du Foûta.

 

 

6. Derniers princes. Les Tôrodbé, ces orants, sous l'égide de Souleymân Bâl, docteur ès lettres coraniques, renversent le régime païen.

L'Islam progresse, le voilà victorieux avec la mise en place des Almâmi, chefs religieux et politiques. On construit alors des mosquées, installe des imâms. On porte la guerre sainte chez les Maures, au Wâlo, au Câyor, au Boundou, etc. Le premier Almâmi, cet arbitre, mieux, un père qui aime et châtie à l'occasion, est tué à Goûriki Samba Diôm (après 30 ans de règne). Les règnes de ses successeurs sont généralement courts.

 

 

7. Notons au passage Omar Tal (El Hadj).

Khalîf introducteur du Tidiânisme au Foûta. Il fait parler de lui à partir de 1850, avant de mourir 14 ans après, bloqué dans les falaises de Bandiagara.

 

 

8. En 1881, le Foûta Sénégalais passe entièrement sous domination française.

Le 18 Juin 1858, soumission du Dimâr

Le 18 Juin 1860, soumission du Tôro et du Damga.

Le 18 juin 1977, soumission du Lâw et des Yrlâbé-Hebbiyâbé.

Le 18 Juin 1881, soumission du Bôsséyâ et du Nguénâr.

 

Le dernier Almâni Siré Bâbaly dit Boûbou Aba maintenu dans ses fonctions avec investitures officielle (1881) est mort en 1890 à Diâba, son village natal.