" De l'Origine Egyptienne des Peuls "

 

Aboubacry Moussa Lam

 

 

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Ce livre est seulement l’une des dernières oeuvres qui essaye de dévoiler le mystère qui demeure encore sur l’origine des Peuls que beaucoup d'anthropologues veulent localiser dans les régions de l'Afrique de l’Est, bassin du haut Nil.

- Dans la zone sub-sahelienne le peuple plus nombreux (environ 6 millions d'individus) est représenté par les Foula ou Foulbé (sing. Poullo), connus dans la région avec une grande variété de noms : Peul (la dénomination française plus commune), Foulah, Foulani, Féllata, éparpillés un peu partout, souvent en association avec d’autres gens, sont divisées dans un grand nombre de groupes, dont les principaux sont ceux du Fouta Djallon, les Foulbé Fouta, et ceux du Fouta Toro (vallée du fleuve Sénégal), les Haal Pulaaren ; ils s'étendent avec moins de densité bien au-delà des limites de ces zones, du Nigeria interne au bassin du Tchad, jusqu'au Cameroun. Ce sont d'anciens habitants de l'extrême occident soudanien et quelque auteur a cru de voir dans ce peuple des nomades "les rouges" (peut-être en indiquant avec ceci les reflets ambrés de leur peau) que des auteurs classiques déjà mentionnaient au-delà de la Mauritanie.

- Beaucoup de conjectures, souvent fantastiques, ont été faites sur les origines de ce peuple : entre elles deux plus plausibles, celle d'une dérivation berbère et celle d'une connexion éthiopienne - chamite. Certaines concordances ethnologiques, comme la centralisation de tous les intérêts et les valeurs sociales autour de l'élevage bovin, la singulière posture nilotique encore habituelle prés de certains groupes, et en général la fonction de "peuple guide" exercée dans tout leur habitat, en partie analogue à celle des Massaï à l'Est, peuvent favoriser cette deuxième hypotèse, mais sans aucune autre confirmation.

 

Leur présence a été confirmé avec certitude depuis le XI siècle au Fouta Toro (nord du Sénégal), dont ils bougèrent à la conquête du Nyoro et du Fouta Djallon. Déjà à la fin du 1200 ils étaient dans le bassin du lac Tchad.

 

Du XV au XVII siècle ils sont sûrement les principaux auteurs de l’islamisation de la zone de l'ouest africain comprenant les actuels états de la Guinée, de la Guinée Bissau, du Sénégal et d’une partie du Mali.

Ce processus se produisit essentiellement avec le secours des armes et avec des grands chefs comme protagonistes, parmi lesquels il faut sûrement rappeler El Hadj Oumar Tall.
Victimes de ces expéditions, tous les peuples limitrophes, païens et pas, se convertirent à la nouvelle foi religieuse qui fut maintenue au-delà de la chute de leurs conquérants.

 

- La structure sociale des Peuls du Fouta Djallon fut grandement influencée par l'islamisation qui les a amenés à abandonner graduellement leur nomadisme traditionnel pour arriver à la constitution d'un grand état théocratique avec capitale à Timbo et sous le guide de l'Almamy.
L 'Almamy ne gouvernait pas tout seul. Le pouvoir était divisé en deux: religieux et politique.
Les responsables politiques étaient élus parmi les responsables des grandes familles descendantes des fils d'El Hadj Oumar Tall.

 

- L'organisation de l'État se révéla particulièrement adéquate aux temps et à la situation en constituant, pour l'époque, un remarquable exemple de décentralisation à base de laquelle se trouvaient les Conseils de village qui élisaient leurs représentants avec consultation directe ; ceux derniers faisaient partie du grand conseil des sages qui assistait l'Almamy dans la gestion de l'ensemble du territoire.

Mais les vieilles habitudes ne meurent pas et l'individualisme typique des caractères nomades empêcha le maintien de l'unité nécessaire à bloquer l'avancée des français et, en septembre 1896, avec la bataille de Porédaka et la mort de Bokar Biro on concluait le cycle de domination Peul. Finissait ainsi même leur organisation particulière qui fut complètement ignorée par l'administration coloniale française.

 - Un passé dominateurs. Le niveau d'instruction et la conscience de ne pas faire partie des populations locales font en sorte que dans les Peuls du Fouta Djallon reste enraciné un certain sens de supériorité vis-à-vis des populations limitrophes autochtones .
Le contact séculaire à l'Islam et les études des témoins qui l'accompagnent ont grandement contribué à l’évolution de la culture et de l'instruction de ce peuple d'ex-nomades et, depuis les siècles passés, d'importantes écoles coraniques ont pu former des chefs de très haut niveau et, en général, augmenter le niveau moyen d'instruction des peuls du Fouta Djallon.

 

- L’amour pour la dissertation, l'écriture et les livres ont poussé la langue Pulaar à une évolution exceptionnelle et le résultat est une langue complexe, très riche en synonymes et nuances, qui permet des allocutions riches en rhétorique, en finesse et en abstraction comparables aux plus connues des langues modernes. Cette évolution trouve l’un de exemples plus remarquables dans la version intégrale duCoran en langue Pulaar.

Grande ouverture d’opinions et universalité sont les caractéristiques fondamentales de la pensée religieuse chez les Peuls du Fouta Djallon et l'échange d’opinions laisse des impressions souvent très surprenantes et positives.

 

- L’esprit de la société actuelle du Peuls du Fouta est une mélange particulière de respect de la tradition enracinée dans la mentalité rurale et l’habilité commerciale liée aux nouvelles opportunités qui on suivi la chute du régime de Sékou Touré ; dans ce contexte, la structure administrative actuelle de l'état guinéen s’adapte aux anciennes hiérarchies historiques.

 

- L'économie traditionnelle des Peuls, est encore l'élevage. La viande, à l'exception des volailles et en dehors des gros centres, est très peu utilisée comme source alimentaire directe, et le bétail est plutôt source de revenues à travers le commerce. Les troupeaux sont un capital à sauvegarder et dans l’alimentation sont utilisés surtout les produits secondaires dont on fait un grand consommation. Le plus commune est le lait, exceptionnellement consommé frais (bìra), normalement en forme fermentée (làtthiri kòssan ou lait caillé) et le beurre cuit (nèbban nàhi - "huile des vaches" -). Tous ces produits sont utilisés comme condiment, généralement sur le fonio (fògnè), le maïs ou le riz.


- L'agriculture, comme la chasse et la pêche, était considérée une occupation des esclaves (màthioubhé) jusqu'à l'arrivée des français. Dans les derniers dix ans, après la chute du régime de Sékou Touré et grâce aux nombreux projets de coopération, l’agriculture a pris graduellement un rôle de plus grande importance ; la technique et la production ont amélioré et, à présent, le Fouta Djallon est l’une des plus importantes zones de production de pommes de terre, d'oignons et de riz de l’ouest africain.

- Après la mort de Sékou Touré, le commerce aussi a eu un fort développement. Supporté par une mentalité parcimonieuse et opportuniste, et malgré les faibles moyens à sa disposition, le Peul a mis en évidence un dynamisme audacieux et ouvert à toute nouveauté avec des résultats surprenants. Ils ont su profiter des nouvelles possibilités de commerce international et contrôlent actuellement une grande partie des importations.

 

Amateur des objets de classe et de tout ce qui est de qualité les Peuls maintiennent généralement des habitudes sobres et sont des administrateurs très attentifs de leurs biens.
Dans les familles aisées, le serviteur, généralement bien respecté, doit exécuter les ordres sans discuter.
N'oublions pas que ce rôle avait toujours été confié aux prisonniers de guerre ou aux "esclaves noirs" (mathjoubè bàle) qui devaient tout à leurs seigneur. Jusqu’à aujourd'hui leurs descendants constituent la dernière caste de la société peule, après les potiers, les griots (samakalà) et les forgerons.

 

Ces derniers sont émancipés depuis longtemps grâce à l’importance de la production d'armes.
Bien que les lois, la constitution et l'état de droit, garantissent depuis un siècle la liberté des personnes, ce rapport de soumission résiste sous différentes formes jusqu'aux nos jours, transformée en sorte de symbiose qu'aucune des parties ne semble intéressée à cesser.