" A la Rencontre

    de la Culture Peul "

 

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Les Peuls (ou Fulbés comme ils se nomment eux-mêmes) sont des bergers nomades. Leur origine passionne les africanistes. Descendant de la haute noblesse Egyptienne Pharaonique, ils se seraient installés en Sénégambie, où ils y auraient prospéré. Entre les XVIIème et XIXème siècles, une fantastique épopée fera d'eux un des peuples des plus entreprenants, occupant encore un immense espace dans la partie centrale de l'Afrique.

Ils partagent l'usage de la langue Peul, le Pulaar, avec les Toucouleurs. L'ensemble est désigné par le nom "HaalPulaaren" : Ceux qui parlent le Pulaar. La tradition orale indique quatre patronymes originaux : les Bâ, les Sow, les Diallo, les Bari, ayant donné des dérivés.

Le Diéri (grande étendue de terre au Fouta où se trouve la plupart des villages et les campements des éleveurs) est leur domaine. Si certains ont des campements dans le Walo (lit majeur du fleuve), dès les premières pluies ils transitent entre la zone tampon entre le Walo et le Diéri avec leurs bêtes. Les autres s'enfoncent profondément avec leurs grands troupeaux de bovins à l'intérieur du Ferlo (le Haut Diéri) pour regagner des campements d'hivernage. Ils se déplacent en permanence, à la recherche de pâturages et de points d'eau qui concentrent des milliers de bêtes.

Une grande famille qui possède un troupeau important constitue un village autour du chef de famille. Les autres se regroupent dans de grands villages sous l'autorité d'un chef "le Ardo" qui tient son pouvoir de la communauté. Le Ardo se distingue par l'âge, la sagesse ou ses connaissances occultes. Beaucoup de familles se déplacent de pâturage en pâturage sans case fixe. Le chef "choisit un arbre avec un bel ombrage pour y installer ses bêtes, sa famille et ses affaires". Quand l'eau et l'herbe s'amenuisent il part ailleurs.

 

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Le campement est clôturé par une palissade de branchages. L'enclos des bêtes est à portée de vue de la case du propriétaire. Les cases, sphériques, ovoïdes ou allongées, sont implantées dans un ordre précis. Elles sont construites par les femmes: l'armature, un treillis de branchages, est recouverte de paille et de longues herbes maintenues par des lanières. A l'intérieur, le mobilier se compose d'étagères où s'alignent canaris et ustensiles de cuisine et de lits en treillis surélevés. Au fond, celui des parents, à l'opposé, ceux des enfants. Des nattes recouvrent le sol, un rideau peut partager la case. Près de la porte, basse pour maintenir ombre et fraîcheur, le foyer permet à la femme de cuisiner quand il y a trop de vent.

Les Peuls vivent au rythme de leur bétail. En général, l'homme trait les bêtes et la femme vend le lait au marché voisin. En échange, elle ramène du mil qui, pilé et mélangé au lait, constituera les bases des repas. Ce sont les hommes jeunes qui partent le matin, pour la journée ou plusieurs jours, avec le troupeau.

Dès l'âge de sept ans, les garçons accompagnent leurs aînés afin d'acquérir la "science"; c'est à dire apprendre à veiller sur les bêtes. Il saura alors tisser des liens étroits avec le troupeau et à travers lui comprendre la nature.

Un Peul peut donner des bêtes sans problème et sans compter mais il ne peut en tuer car elles sont sa fierté, le patrimoine légué par ses ancêtres.

 

"Son bonheur ce n'est pas le fer, ce n'est pas le béton, ce ne sont pas les pantalons et les cravates. Son bonheur c'est de rentrer le soir dans l'enclos, de sentir la chaleur des bêtes, leurs odeurs et d'écouter leurs bruits."

 

 

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